samedi 25 juillet 2009

Aurevoirs

Petit à petit, les aurevoirs se font, les souvenirs se créent.


au marché... la famille chez qui j'allais toujours boire un jus de fruits "surtido" au milieu de mes courses

Dernier repas à la coloc, repas international, avec pastis en apéro pour fêter ma ceinture verte (3ème kyu d'aïkido), puis une spécialité de saucisse préparée avec oeufs brouillés en entrée (spécialité péruvienne), puis papas rellenas (pommes de terre fourrées) en plat principal péruvien, puis camembert bien fort et pains divers (ciabatta, pain à la camote : patate douce...), puis dessert américain avec glace et "sirop" de chocolat, préparé par Phil. Le tout accompagné d'un vin chilien au cépage français ! Une belle dernière soirée tous les trois, parsemée d'éclats de rire et de grandes discussions. Rendez-vous est donné pour tous les trois, en France et en Amérique...

Avec mon amie Devon, canadienne, bientôt mariée à Juan, péruvien...

Un dernier déjeûner avec les filles du cabinet, Liliana et Paty, deux femmes au grand coeur et que je n'oublierai pas.


vendredi 17 juillet 2009

Huancayo Bis


Le Pérou est un pays contrasté, riche et pauvre à la fois, beau et laid, chaud et froid, humide et sec... différent !
Sa plus grande particularité est sa composition géographique et géologique : côte (costa), montagnes (sierra) et jungle (selva). Donc des climats différents, des ambiances différentes, des traditions différentes.

Je suis retournée à Huancayo (si vous vous en souvenez, c'était ma première excursion toute seule, au mois de janvier, Huancayo et Huancavelica), avec Phil cette fois, notre coloc américain. Mais je voulais prendre le train le plus haut d'Amérique, et le second train le plus haut du monde (après celui circulant au Tibet, construit par les Chinois en 2000 pour concurrencer !)... Voilà pourquoi j'y suis retournée.

Le train Lima-Huancayo ne sort que deux fois par mois pour emmener ses passagers pour un trajet de 12h (contre 7 ou 8 en bus!) pour.... 332 km!!!
Sa construction, par Ernesto Malinowski et Henry Meiggs, a commencé en janvier 1870, et le premier train circulera en septembre 1908. Soit pratiquement 40 ans de travaux, avec plus de 10000 hommes, pour la plupart péruviens, chiliens ou chinois, engagés sur le chantier.

Quelques chiffres (amusants) :
- 69 tunnels
- 58 ponts
- 6 zig zag (c'est tellement pentu que nous allons dans un sens puis dans un autre, la locomotive changeant de place ou se faisant aider par une deuxième !)
- le pont le plus long, le pont Carrión, mesure 218 mètres
- le tunnel le plus long mesure 1,375 km
- le pont Infiernillo (ou petit enfer !) est le plus impressionnant et se situe à 3000 mètres d'altitude
- le point le plus haut du voyage se situe à 4781 mètres au-dessus du niveau de la mer...

- une ou deux bouteilles d'oxygène font partie de l'équipement du train, car à cette altitude, certains ne se sentent pas très bien...

Un trajet très impressionnant, avec des vues à couper le souffle. Ca n'a rien à voir avec notre TGV (avec une moyenne de 27 km/h...).
Du coup, nous avons tout le temps de discuter avec nos voisines de trajet, une docteur qui emmène sa maman de plus de 80 ans revoir sa ville natale de Huancayo. Elle nous explique du coup comment fonctionne le système de sante péruvien, et il y a une chose qui m'a marquée. Je savais bien que le Sentier Lumineux avait fait quelques ravages, mais je n'avais pas pensé à certaines conséquences : beaucoup de Péruviens aujourd'hui n'ont pas de papiers d'identité. En effet, pour bénéficier du système de couverture de santé, il faut présenter une carte d'identité. Mais comment la faire faire quand l'acte de naissance a brûlé dans l'incendie de la mairie déclenché par le groupe activiste ? ...

On a aussi le temps de visiter les wagons "touristiques", que nous n'avons pas pris, deux fois plus chers que les wagons "classiques" certes très inconfortables, avec des sièges droits de chez droit et bien sûr pas inclinables. On commence à avoir peur pour le trajet de retour, qui se fera de nuit !
La queue du train (ou parfois la tête) est un wagon-bar, à moitié ouvert sur l'extérieur - ce qui permet de faire de belles photos, quand il n'y a pas trop de monde, de profiter de l'air frais montagnard, d'envoyer des coucous aux enfants qui se précipitent pour voir passer le train... - enfin je devrais plutôt dire le wagon-discothèque, puisqu'une musique est diffusée beaucoup beaucoup trop fort. Ici, ils ne peuvent pas se passer de musique, ou de bruit ! En plus, il faut couvrir le bruit des moteurs...

Arrivée dans la soirée à Huancayo, la nuit étant déjà tombée.
Je passe la nuit à me réveiller pour me moucher ou éternuer... Pas très reposant...

Samedi matin, nous nous dirigeons vers le village La Concepción, à une petite heure de collectivo. Surprise, quand nous arrivons, nous assistons à des défiles de danses traditionnelles pour célébrer la date anniversaire de la création de la cité !

Nous suivons donc le défilé dans les rues calmes de cette petite bourgade,

et quand les troupes entrent dans le stade pour y danser une bonne partie de l'après-midi, nous allons visiter le couvent de Santa Rosa de Ocopa.

Comme les visites ne commencent que dans une heure, nous avons même le temps de faire une petite sieste dans l'herbe accueillante du patio du couvent... Bon, c'est un couvent fransiscain, et là encore, je serai assez étonnée de visiter une des salles les plus récentes aux murs couverts de peintures relatant les bonnes oeuvres des frères. Et oui, avant, les "Nativos" n'étaient pas du tout civilisés, ils se tranchaient les têtes les uns des autres, mais heureusement les frères sont arrivés : Au début, cela a été difficile, ils se sont beaucoup fait massacrer, les martyrs, mais finalement, ils ont réussi à les éduquer et leur apprendre à lire, à jouer de la flûte... Et aujourd'hui, tout le monde va à l'église et est heureux...
Le couvent, vous l'aurez compris, servait de base pour les missionnaires qui partaient ensuite en mission dans la jungle péruvienne.
Enfin, c'est quand même très intéressant, en plus il y a plein d'animaux de la jungle empaillés, une des plus vieilles bibliothèques de la région, avec de magnifiques ouvrages anciens.

En repartant, alors que nous attendons le collectivo qui nous ramènera à La Concepción, nous entamons une partie de volley-ball improvisée sur la place de Santa Rosa de Ocopa. Un filet est tendu entre un poteau électrique et un tronc amarré à deux grosses pierres. Nous jouerons ainsi plus d'une heure et demie sans voir le temps passer. Un super moment partagé avec les habitants de ce minuscule village.

Le soir, nous allons dîner dans un restaurant un peu plus touristique, mais aussi prisé des Péruviens, tenu par Lucho, avec qui j'avais fait la ballade à cheval en janvier, qui est celui qui s'est battu pour que ce train circule à nouveau. Une soirée animée par un groupe de musique bien sympathique et quelques pisco sour...

Dimanche, nous allons assister aux Batallas de Pucalpa (les batailles de Pucalpa).

C'est par hasard que nous avons vu une affiche pour cet évènement, et sans trop savoir ce que c'est, nous sommes montés dans le premier combi qui allait à Pucalpa. En route, nous discutons avec des Péruviens, qui nous expliquent que cet évènement relate les batailles de la guerre contre le Chili, aux alentours de 1880.
Ce qui est impressionant, c'est surtout de voir la quantité de Péruviens escaladant la montagne pour s'installer dans les champs en amont pour assister au spectacle. Des milliers de personnes se dessinent dans le paysage comme des milliers de fourmis... Un chouet moment. En rouge, ce sont les Chiliens et en blanc les Péruviens (qui gagneront ces batailles).
Pour finir, nous trainons au marché de Huancayo avant de rependre le train pour rentrer à Lima. Le voyage sera long mais le ciel et la lune sont magnifiques...

Un super séjour, plein de chouettes ingrédients !

mardi 14 juillet 2009

Le 14 juillet à Lima...

... ou, la fête nationale dans le monde des expatriés...
... dont je ne fais pas partie...
Rendez-vous est donné, après inscription, aux Français et leurs conjoints et famille du Pérou, à la résidence de l'Ambassade française à Lima. Bleu, blanc et rouge dans les jardins, et beaucoup de monde sur son 31. Je suis surprise par la quantité de personnes présentes.
J'arrive après le discours de l'ambassadrice (le trajet à pied était un peu plus long que ce que je pensais), et les buffets sont largements entamés. "C'est le jour où tu peux manger du fromage!" m'avait dit un patient français du cabinet... Il y a la queue pour avoir un verre de vin rouge ou du champagne. C'est étonnant de voir comment on se bouscule et comment on se questionne si c'est du vin français, du "vrai".

C'est surtout pour moi l'occasion de dire aurevoir aux rares Français que j'ai rencontrés ici. La plupart sont des expatriés de grosses entreprises, ou travaillent à l'Ambassade ou au Consulat. Ou bien ce sont des conjoints de...! C'est d'ailleurs bientôt les vacances pour la plupart, et tous parlent de leur proche séjour en France.

Je me rends compte combien je ne fais pas partie de ce monde, où tout le monde se connaît. Je me rends compte combien les expériences de vie à l'étranger peuvent être différentes. Je me rends compte combien le statut et le niveau de vie de chacun à l'étranger peuvent être radicalement autres.

Je me rends compte de la fin toute proche de mon expérience péruvienne. Je suis triste.