lundi 20 avril 2009
Iquitos, mosquitos
Vous voyez les documentaires d'Arte, où le mec embarque sur une toute petite barque, taillée à même le tronc d'un arbre, et qu'elle longe les bords de l'Amazonie ou qu'elle pénètre dans la jungle inondée...? Vous imaginez cette ambiance d'eau, de bruits d'oiseaux, les oreilles tendues vers le moindre signe de la nature, les yeux perchés dans les branches à la recherche du moindre mouvement de la nature... ? Vous imaginez ce mec qui s'aperge d'anti-moustiques et qui se fout des baffes pour essayer de tuer celui qui est en train de piquer sa joue...?
Ben voilà, c'est nous !
Quelques jours à Iquitos, deuxième plus grande ville au monde qui n'est pas reliée par la route... Accès par bateau ou par avion à cette ville au beau milieu de l'Amazonie. Pelo, un ami, est venu nous voir au Pérou et il a à peine eu le temps d'atterrir de France qu'il s'envolait de nouveau avec nous pour Iquitos.
Royaume des moto-taxis (encore plus bruyants que les combis de Lima... c'est dire !!!), plaque-tournante du commerce maritime et de la selva (la jungle), on trouve sur le marché d'Iquitos une grande variété de fruits inconnus, dont on ne retiendra pas les noms. Et sur le marché de Belen (un quartier semi-flottant au sud d'Iquitos), on trouvera des tortues, de l'aligator, des poules ouvertes avec les oeufs en formation à l'intérieur, ceux-là à manger, et des singes grands comme la main ou des toucans tous déplumés, ceux-là en vente pour animaux de compagnie... C'est juste "un peu interdit" me dit le vendeur.
Nous partons quelques jours à l'aventure dans la jungle avec un guide juste pour nous trois : Eudes.
Première nuit dans une auberge à une soixante kms d'Iquitos (en bateau bien sûr), tout confort : des vrais lits avec matelas, une salle à manger, des toilettes et des douches. Normal quoi !
De là, nous partons explorer des petits bouts de jungle (juste derrière le village !) et nous commençons à découvrir les particularités culinaires de la selva :
- yuca (ou manioc) dont nous apprenons à reconnaître l'arbre puisque c'est un tubercule
- manguiers, auxquels on accroche des escargots environ 10 fois plus gros que les nôtres pour assurer de meilleurs fruits
- sachamango, une espèce de fruit qui pend du tronc dont le goût est entre la noix de coco et la noisette verte
- cocona, un petit fruit jaune acide
- des espèces de grand haricot vert, en 20 fois plus gros, avec dedans des petits fruits blancs, à la texture cotonneuse, un peu sucrés et avec un gros noyau au milieu
- des bananes de toutes les tailles et cuisinées à toutes les sauces mais surtout frites
- des cannes à sucre au bon souvenir d'Adrien
- des papayes cueillies au lance-pierres
- des poissons de toutes les tailles et dont certains que nous pêcherons seront à moitié bouffés par les pirhanas mais ceux-là on les a pas vus
- un fruit qui ressemble au fruit qui pue d'Asie qui est interdit dans les aéroports bref un truc qui pue autant que c'est pas bon
- aguaré, un fruit qui développe les hormones féminines et dont certains enfants d'Iquitos mangent trop, ce qui fait qu'il y a beaucoup d'"hermaphrodites" à Iquitos (aux dire d'Eudes !) - ceci dit, on l'a vérifié, notre chauffeur de barque était maaaagnifique avec son rouge à ongles et ses boucles d'oreille ! -
- des arbres médicinaux qui guérissent même le cancer, si si !
- de l'aligator, viande blanche entre le poisson et le poulet, pas mal du tout si c'est bien préparé
- de tortues et des singes, on n'a pas testé mais il paraît que ça se mange
- ...
Deuxième nuit dans une famille à quelques minutes de bateau puis de barque en s'enfonçant un peu plus dans la "jungle basse", celle qui est inondée à la saison des pluies (dont on sort tout juste).
Une maison rudimentaire en bois et au toit de feuillages, sans électricité, où vivent trois familles. Un élevage de poules et de cochons, un barque à moteur. Nuit un peu moins confortable, un petit matelas sur les planches de bois et sous la moustiquaire.
De là nous partons nous enfoncer un peu plus (à l'aller une heure de marche en zigzag et au retour un quart d'heure de marche !) à la recherche d'un endroit où construire notre abri pour la nuit, tout en observant araignées, serpents, chenilles, insectes et moustiques bien sûr (enfin ceux-là on les observe pas trop au contraire, on n'arrête pas de se faire bouffer malgré crèmes et pschit pschit).
Après avoir défraîchi le terrain, nous cherchons de petits troncs pour la structure, que nous attachons entre eux avec des lianes. Puis nous recouvrons la structure de grandes feuilles d'une sorte de palmier pour faire le toit. Le matelas sera fait de feuilles de bananier.
Ben en fait ça nous a pris la journée tout ça, alors on a même pas eu le temps de chasser ou pêcher donc le repas du soir, cétait la canne à sucre !
Là, ce qui comptait le plus, c'était de bien gérer la mise en place et l'entrée dans la moustiquaire. Et puis s'endormir vite pour pas trop halluciner sur les bruits de la jungle.
Donc troisième nuit dans la jungle.
Le lendemain, retour vers Iquitos en s'arrêtant à une sorte de petit zoo. En fait, c'est plutôt un centre où ont été recueillis des animaux de la jungle qui étaient en danger. Un serpent anaconda, un aligator, un ara, un paresseux et tout plein de singes. L'endroit est ouvert (sauf pour l'aligator et le serpent ouf!) donc les singes peuvent retourner à la selva, mais ils savent qu'ici ils sont nourris ! Nous faisons donc la connaissance de Pepe, un singe très joueur, qui s'accroche partout, et qui s'attachera à moi, ne voulant plus descendre de mes épaules ! Jaloux d'Adrien, il le chassait dès qu'Adrien m'embrassait !!!
Avant de quitter Iquitos, nous faisons le tour de Belen et de son marché.
Tandis que je retourne à Lima, les garçons embarquent sur un bateau pour 5 jours de voyage jusqu'à Pucallpa, d'où ils reprendront un bus pour Lima.
Bref, la jungle, une sacrée aventure, découverte, expérience... Le seul problème, ce sont les moustiques, je devais avoir une centaine de piqûres sur le corps...
mercredi 15 avril 2009
P'tit coup de gueule
C'est chouette d'être à l'étranger, se plonger dans une nouvelle culture etc. Mais il y a des aspects qui ne plaisent pas forcément. Et quand ça va pas trop, on a un peu tendance à ne voir que ça...
Puisque ce blog parle de mon expérience ici à Lima (et pas au Pérou !!), personnelle et professionnelle, ben voici quelques nouvelles... pas toujours roses (je me répète ?!)
On a bien failli quitter le Pérou il y a une semaine. Problèmes de communication avec Carl, qui lève le masque sur un pan de personnalité (que je n'ai pas voulu voir jusqu'à présent) qui ne me plaît pas du tout... Un échange de mails virulent voire violent, puis une discussion qui n'en est pas une, où je ne suis pas écoutée et où on me fait la leçon... Bref, des hauts et des bas, une leçon de vie (apprendre à mettre des limites, à s'affirmer...), une gifle, une sacrée déconvenue, qui est encore moins agréable à vivre quand on est séparés par des milliers de kilomètres d'eau et de terre et des heures de décalage horaire de ceux que l'on aime et qui nous manquent.
Prendre ce qu'il y a à prendre et laisser le reste...
Pour ce qui est du Pérou... quel Pérou ? Après 5 mois ici, je n'en connais que 3 villes et quelques aspects. Je connais par contre la capitale et ses habitants, plutôt tentés et attirés par la culture occidentale (donc rien de très traditionnel, ni nouveau pour moi). Je connais donc plutôt la frustration d'être dans un des pays les plus beaux du monde, les plus étonnants par sa diversité, les plus ravissants par sa culture... et de ne le découvrir que par tous petits bouts, quand le temps et l'argent me le permettent.
La sensation d'être "coincés" dans une ville trop grande et sale, où nos économies passent à assurer le quotidien et quelques escapades (ouf !).
Un pays où les gens peuvent se montrer à la fois charmants et à la fois décevants. Le pays de l'information tronquée, où personne n'osera dire "je ne sais pas" mais préfèrera donner une fausse information...
Une ville où le bruit est omniprésent, entre la circulation, la musique, les télés allumées dans le moindre resto ou salle d'attente, les klaxons incessants, les rabatteurs de combi etc etc.
Une ville de béton, où la nature est absente.
Alors on est contents d'avoir un chez soi, un endroit propre et calme, où se recentrer, où respirer...
Puisque ce blog parle de mon expérience ici à Lima (et pas au Pérou !!), personnelle et professionnelle, ben voici quelques nouvelles... pas toujours roses (je me répète ?!)
On a bien failli quitter le Pérou il y a une semaine. Problèmes de communication avec Carl, qui lève le masque sur un pan de personnalité (que je n'ai pas voulu voir jusqu'à présent) qui ne me plaît pas du tout... Un échange de mails virulent voire violent, puis une discussion qui n'en est pas une, où je ne suis pas écoutée et où on me fait la leçon... Bref, des hauts et des bas, une leçon de vie (apprendre à mettre des limites, à s'affirmer...), une gifle, une sacrée déconvenue, qui est encore moins agréable à vivre quand on est séparés par des milliers de kilomètres d'eau et de terre et des heures de décalage horaire de ceux que l'on aime et qui nous manquent.
Prendre ce qu'il y a à prendre et laisser le reste...
Pour ce qui est du Pérou... quel Pérou ? Après 5 mois ici, je n'en connais que 3 villes et quelques aspects. Je connais par contre la capitale et ses habitants, plutôt tentés et attirés par la culture occidentale (donc rien de très traditionnel, ni nouveau pour moi). Je connais donc plutôt la frustration d'être dans un des pays les plus beaux du monde, les plus étonnants par sa diversité, les plus ravissants par sa culture... et de ne le découvrir que par tous petits bouts, quand le temps et l'argent me le permettent.
La sensation d'être "coincés" dans une ville trop grande et sale, où nos économies passent à assurer le quotidien et quelques escapades (ouf !).
Un pays où les gens peuvent se montrer à la fois charmants et à la fois décevants. Le pays de l'information tronquée, où personne n'osera dire "je ne sais pas" mais préfèrera donner une fausse information...
Une ville où le bruit est omniprésent, entre la circulation, la musique, les télés allumées dans le moindre resto ou salle d'attente, les klaxons incessants, les rabatteurs de combi etc etc.
Une ville de béton, où la nature est absente.
Alors on est contents d'avoir un chez soi, un endroit propre et calme, où se recentrer, où respirer...
mardi 7 avril 2009
Une étape du monde
Taratata !
Roulement de tambour...
Un nouveau site a vu le jour !
Il parle du Pérou, où deux jeunes français sont partis s'installer, en quête de découvertes, de culture, de voyage, de dépaysement, de changements, d'apprentissages...
Allez donc faire un tour sur http://perou.etapedumonde.fr afin de découvrir leurs aventures péruviennes. Et n'hésitez pas à les contacter ! Que ce soit pour donner votre avis sur le site, faire un petit coucou, rappeler des souvenirs nostalgiques, donner des nouvelles...
A bientôt !
Roulement de tambour...
Un nouveau site a vu le jour !
Il parle du Pérou, où deux jeunes français sont partis s'installer, en quête de découvertes, de culture, de voyage, de dépaysement, de changements, d'apprentissages...
Allez donc faire un tour sur http://perou.etapedumonde.fr afin de découvrir leurs aventures péruviennes. Et n'hésitez pas à les contacter ! Que ce soit pour donner votre avis sur le site, faire un petit coucou, rappeler des souvenirs nostalgiques, donner des nouvelles...
A bientôt !
lundi 6 avril 2009
Ce n'est pas toujours rose
Un petit message pour parler des différentes réalités de la vie à l'étranger.
On le sait, ce n'est déjà pas toujours facile d'être loin de ses racines, de ceux que l'on aime, de nos habitudes, de nos moeurs, de notre environnement familier...
On a le plaisir de découvrir un nouveau pays, ainsi que sa culture, ses habitants, leurs habitudes, leurs moeurs...
On se confronte à des situations nouvelles, pleines d'inconnu(e)s, d'étonnements, de joies, de déconvenues aussi. Et on apprend à gérer. On apprend à vivre entre le charme et la fatigue de toutes ces différences. Il y a forcément des choses qui plaisent, et d'autres qui ne plaisent pas.
On commet parfois des erreurs à mal évaluer ce nouvel environnement, en ayant d'autres références que celles en cours ici.
On peut être choqués de ce que l'on voit, comme on peut être choqués par notre propre comportement. Par ce que toutes ces fenêtres ouvrant sur d'autres horizons nous renvoient. Entre l'allégresse et l'abattement.
Tant de va-et-vient entre dedans et dehors. A l'intérieur et à l'extérieur.
On le sait, et on s'y raccroche, l'expérience est forte, elle est unique. Mais... ce n'est pas toujours rose...
On le sait, ce n'est déjà pas toujours facile d'être loin de ses racines, de ceux que l'on aime, de nos habitudes, de nos moeurs, de notre environnement familier...
On a le plaisir de découvrir un nouveau pays, ainsi que sa culture, ses habitants, leurs habitudes, leurs moeurs...
On se confronte à des situations nouvelles, pleines d'inconnu(e)s, d'étonnements, de joies, de déconvenues aussi. Et on apprend à gérer. On apprend à vivre entre le charme et la fatigue de toutes ces différences. Il y a forcément des choses qui plaisent, et d'autres qui ne plaisent pas.
On commet parfois des erreurs à mal évaluer ce nouvel environnement, en ayant d'autres références que celles en cours ici.
On peut être choqués de ce que l'on voit, comme on peut être choqués par notre propre comportement. Par ce que toutes ces fenêtres ouvrant sur d'autres horizons nous renvoient. Entre l'allégresse et l'abattement.
Tant de va-et-vient entre dedans et dehors. A l'intérieur et à l'extérieur.
On le sait, et on s'y raccroche, l'expérience est forte, elle est unique. Mais... ce n'est pas toujours rose...
dimanche 5 avril 2009
Un goût de souvenirs
Ca fait toujours plaisir, quand on est à l'autre bout du monde, de retrouver des amis ou de la famille. Ca a quelque chose de particulier, un petit goût de nostalgie française, le plaisir de parler des proches, de se préparer en papotant dans la cuisine un bon petit plat aux saveurs de nos racines...
Pauline (Poinas, cousine du côté Gantès) et Thomas sont venus nous voir quelques jours à Lima, au milieu de leur périple sud-américain. Après quelques semaines de vadrouille, les voilà posés quelques temps à Arequipa (au sud du Pérou), où Pauline travaille en tant que bénévole comme osthéopathe. Pour plus de détails sur leur séjour, voici leur blog : www.alouesta.blogspot.com
Récits d'aventures dans différents pays sud-américains mais aussi expérience de l'orphelinat où ils sont hébergés en ce moment... On se rend alors compte de la chance que l'on a d'être nés "au bon endroit".
Ils ont donc eu le plaiiiiisir de connaître Lima (ils étaient surtout contents de retourner à Arequipa !!!). Visite du quartier bohême de Barranco, du centre ville, d'un restaurant de cebiche tenu par un ami de Claudia (on a eu le privilège d'aller en cuisine ! et de goûter différents cebiche, bref y'a pas à dire, c'est toujours aussi bon !!!), petite crémaillère de l'appart, et resto pourri où on a tous été malades (mais bien malades) ensuite...
On attend d'aller les voir à Arequipa maintenant !
Photos :
Coucher de soleil à Barranco
Les amoureux sur la promenade de Miraflores
Cebiche
dans les cuisines
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